✓ Les infos à retenir
- Le décret n°2015-981 du 31 juillet 2015 impose une liste précise de 11 catégories d’équipements obligatoires pour toute location meublée à titre de résidence principale
- Un logement meublé doit être équipé de meubles de couchage, cuisine complète, rangement, luminaires et matériel d’entretien minimum — aucun équipement ne peut être omis
- Un bail meublé dure 1 an renouvelable (au lieu de 3 ans pour le vide) et se loue en moyenne 10 à 30 % plus cher qu’un logement vide équivalent
- L’absence ou la non-conformité des meubles peut entraîner une requalification en location vide et un remboursement de trop-perçu de loyer au locataire
- L’annexe au bail listant tous les équipements fournis, cosignée par les deux parties, est la pièce maîtresse pour éviter les litiges
Location meublée : de quoi parle-t-on exactement ?
Une location meublée, c’est un logement livré avec tout le nécessaire pour y vivre dès le premier jour. Pas juste un canapé posé au milieu d’une pièce vide ! La loi est claire : le bien doit être équipé de façon à permettre au locataire de dormir, manger et vivre normalement, sans avoir à apporter ses propres meubles.
C’est justement pour éviter les abus et les interprétations hasardeuses que le décret n°2015-981 du 31 juillet 2015 est venu fixer une liste précise des meubles obligatoires. Depuis cette date, plus question d’improviser !
💡 Depuis le décret du 31 juillet 2015, tout propriétaire bailleur d’un logement meublé doit fournir a minima 11 catégories d’équipements pour que le bail soit valide et conforme à la loi.
Cette réglementation s’applique aux locations à usage de résidence principale, encadrées par la loi ALUR du 24 mars 2014. Elle concerne aussi bien les studios que les grands appartements familiaux.

Quelle est la liste officielle des meubles obligatoires en location meublée ?
Voici ce que la loi impose concrètement. Ces éléments doivent tous être présents dans le logement au moment de la signature du bail — et figurer dans l’état des lieux d’entrée !
Le mobilier de couchage
Le logement doit comporter un lit avec couette ou couverture. Les volets, rideaux ou tout dispositif occultant dans les chambres sont également obligatoires. Pas question de laisser ton locataire dormir à la lumière du lampadaire en face !
Les équipements de rangement
Des étagères de rangement suffisent à satisfaire cette obligation. L’idée, c’est que le locataire puisse ranger ses affaires sans apporter ses propres meubles de rangement.
Les équipements de la cuisine et de l’électroménager
C’est souvent là que ça coince ! La liste des équipements obligatoires pour la cuisine est assez précise :
- Plaques de cuisson
- Four ou four à micro-ondes
- Réfrigérateur avec compartiment freezer (température inférieure ou égale à -6°C), ou réfrigérateur et congélateur séparés
- Vaisselle en nombre suffisant pour que les occupants puissent prendre les repas
- Ustensiles de cuisine (casseroles, poêles, spatules…)
- Table et sièges
- Étagères de rangement en cuisine
L’entretien et le séjour
Le logement doit aussi être équipé d’un luminaire dans chaque pièce, et du matériel d’entretien ménager adapté (aspirateur si sol avec moquette, balai et serpillière sinon). Ces détails font souvent l’objet de litiges… mieux vaut les anticiper !
Un récap visuel : le tableau des meubles obligatoires
Pour t’y retrouver facilement, voici un tableau récapitulatif de tout ce que la loi impose en matière d’équipement dans un logement meublé :
| Catégorie | Équipements obligatoires |
|---|---|
| Couchage | Lit + couette ou couverture, dispositif occultant (chambre) |
| Cuisine – cuisson | Plaques de cuisson, four ou micro-ondes |
| Cuisine – conservation | Réfrigérateur + freezer (ou réfrigérateur + congélateur) |
| Cuisine – vaisselle & ustensiles | Vaisselle suffisante, casseroles, poêles, ustensiles |
| Repas | Table + chaises/sièges |
| Rangement | Étagères ou meubles de rangement |
| Luminaires | Un luminaire par pièce |
| Entretien ménager | Aspirateur et/ou balai + serpillière selon les revêtements |
Quelle différence entre une location meublée et une location vide ?
La différence va bien au-delà des meubles ! Côté bail, une location meublée à titre de résidence principale est encadrée par un bail d’1 an renouvelable (contre 3 ans pour le vide). Pour les étudiants, ce délai peut même descendre à 9 mois avec un bail étudiant non reconductible.
Des implications fiscales différentes
Le statut de loueur meublé non professionnel (LMNP) offre des avantages fiscaux intéressants, notamment l’amortissement du bien et du mobilier. C’est l’un des gros atouts du meublé par rapport au vide pour un investisseur. Si vous êtes en train d’envisager un investissement locatif via notaire, il est important de bien comprendre les implications fiscales de chaque type de location.
Un loyer généralement plus élevé
Un logement meublé se loue en moyenne 10 à 30 % plus cher qu’un logement vide équivalent. C’est la contrepartie des équipements fournis — et du bail plus court qui représente une flexibilité pour le propriétaire.

Qui est responsable en cas de panne ou de meuble dégradé ?
La question revient très souvent, et elle mérite une réponse claire. La règle générale : c’est au propriétaire bailleur d’assurer le bon état du mobilier tout au long du bail. Si le réfrigérateur tombe en panne sans faute du locataire, c’est au propriétaire de le remplacer ou de le réparer.
Que faire en cas de panne ?
Le locataire doit signaler le problème par écrit (email ou lettre recommandée) dès que possible. Le propriétaire dispose alors d’un délai raisonnable pour intervenir. En cas de refus ou d’inaction, le locataire peut saisir la commission départementale de conciliation ou le tribunal judiciaire.
Et si c’est le locataire qui a cassé le meuble ?
Si la dégradation est due à un usage anormal ou à une négligence du locataire, c’est lui qui assume les frais. C’est pour ça que l’état des lieux d’entrée est tellement important : il sert de référence en cas de litige à la sortie. Documente tout, avec des photos datées !
✅ L’état des lieux d’entrée est la pièce maîtresse de toute location meublée : il protège à la fois le propriétaire et le locataire en cas de désaccord sur l’état du mobilier à la fin du bail.
Quels sont les risques si le mobilier est incomplet ou non conforme ?
Un logement meublé qui ne respecte pas la liste du décret de 2015 peut être requalifié en location vide par un juge. Les conséquences sont loin d’être anodines pour le propriétaire :
Le bail passe automatiquement à 3 ans, les règles fiscales changent, et le propriétaire peut être contraint de rembourser un trop-perçu de loyer si le logement était loué à un tarif « meublé » sans en respecter les critères. Le locataire lésé peut aussi demander des dommages et intérêts. C’est d’ailleurs un risque à considérer sérieusement si vous diversifiez votre stratégie d’investissement locatif dans différentes villes, où la conformité légale est tout aussi importante.
Comment s’en prémunir ?
La solution la plus simple : intégrer une annexe au bail détaillant la liste de tous les meubles et équipements présents dans le logement. Cette annexe, cosignée par les deux parties, fait foi en cas de litige. L’ADIL (Agence Départementale d’Information sur le Logement) peut t’aider à la rédiger correctement — et c’est gratuit !
Comment rédiger l’annexe au bail pour un logement meublé ?
L’annexe au bail est un document qui liste tous les équipements fournis dans le logement. Elle doit être aussi précise que possible : modèle, état, quantité. Plus c’est détaillé, mieux c’est protégé !
Ce qu’elle doit contenir
Pour chaque pièce, note les meubles présents, leur état (bon état, usage normal, vétusté…) et si possible leur marque. Pour la cuisine, précise le nombre d’assiettes, de verres, d’ustensiles. Ça peut sembler fastidieux, mais ça te sauvera la mise en cas de désaccord à la sortie !
Faire signer l’annexe en même temps que le bail
L’annexe doit être signée le même jour que le bail meublé, par le propriétaire et le locataire. Garde toujours un exemplaire de ton côté. En cas de litige, c’est ce document — combiné à l’état des lieux — qui fera la différence devant le tribunal judiciaire.

Où trouver de l’aide en cas de litige ou de doute ?
Tu n’es pas seul face à une situation compliquée ! Plusieurs organismes peuvent t’orienter gratuitement :
L’ADIL (réseau national de plus de 90 agences en France) conseille gratuitement propriétaires et locataires sur leurs droits. La Commission Départementale de Conciliation (CDC) permet de régler les litiges à l’amiable sans passer par le tribunal. Enfin, le site Service-Public.fr centralise tous les textes de référence sur la location meublée.
Si la situation dégénère vraiment, le tribunal judiciaire est compétent pour trancher les litiges locatifs. Mais dans la grande majorité des cas, un bon dialogue — et de la documentation — suffit à éviter d’en arriver là ! D’ailleurs, si vous avez des questions complexes notamment autour de transactions immobilières spécifiques ou de situations particulières, certains notaires offrent des consultations pour clarifier votre situation.
FAQ – Tes questions sur la liste des meubles en location meublée
Un logement meublé doit-il obligatoirement avoir une machine à laver ?
Non ! La machine à laver ne fait pas partie de la liste légale obligatoire fixée par le décret de 2015. C’est un équipement supplémentaire que certains propriétaires choisissent d’ajouter — ce qui peut justifier un loyer légèrement plus élevé — mais ça reste facultatif.
Le propriétaire peut-il changer les meubles en cours de bail ?
Oui, à condition que les nouveaux meubles soient de qualité équivalente ou supérieure à ceux remplacés. Le locataire doit en être informé. Si le remplacement dégrade significativement les conditions de vie, le locataire est en droit de contester.
Que faire si des meubles sont absents à la remise des clés ?
Note immédiatement les manquements sur l’état des lieux d’entrée et envoie un courrier recommandé au propriétaire pour demander les équipements manquants. Si rien n’est fait, tu peux saisir la Commission Départementale de Conciliation ou, en dernier recours, le tribunal judiciaire pour demander une requalification du bail ou une réduction de loyer.
La liste des meubles obligatoires s’applique-t-elle à une colocation meublée ?
Oui, tout à fait ! Les mêmes obligations s’appliquent aux colocations meublées. Le logement doit répondre aux critères du décret 2015-981, peu importe le nombre de locataires. Chaque colocataire est en droit d’exiger le respect de cette liste légale.
Un propriétaire peut-il exiger un dépôt de garantie supplémentaire pour les meubles en location meublée ?
Oui, mais le dépôt de garantie ne peut excéder 2 mois de loyer hors charges, comme pour une location vide. Certains bailleurs ajoutent une caution solidaire ou un état des lieux détaillé pour couvrir les risques. Les ADIL recommandent de lister précisément les meubles dans l’annexe au bail pour éviter les litiges.
Faut-il fournir des équipements spécifiques pour une location meublée étudiante ?
Non, la liste légale s’applique à tous les logements meublés, y compris les studios étudiants. Cependant, certains CROUS ou résidences imposent des standards supplémentaires (ex : connexion internet, bureau ergonomique). Un bail étudiant peut être conclu pour 9 mois non renouvelable, mais les meubles obligatoires restent identiques.
Peut-on louer un logement meublé sans réfrigérateur avec congélateur intégré ?
Non, le décret exige un réfrigérateur avec un compartiment freezer (température ≤ -6°C) ou un congélateur séparé. Un frigo sans freezer ne suffit pas. En cas de manquement, le locataire peut saisir la Commission Départementale de Conciliation pour exiger la conformité ou une réduction de loyer.
Quels sont les recours si un meuble obligatoire est retiré pendant la location ?
Le locataire peut exiger la remise en état sous 15 jours via une lettre recommandée. Sans réponse, il peut saisir le tribunal judiciaire pour obtenir une indemnisation ou la requalification du bail en location vide. L’état des lieux initial sert de preuve pour les manquements.
La liste des meubles obligatoires s’applique-t-elle aux locations saisonnières ?
Non, les locations saisonnières (type Airbnb) échappent à cette réglementation. Cependant, les plateformes imposent souvent des standards similaires (ex : literie complète, ustensiles de cuisine). Pour une résidence principale, le décret s’applique strictement, sous peine de sanctions.
Est-ce que la literie (oreiller, drap) est obligatoire ?
Le décret impose une couette ou couverture, mais pas les draps ni les oreillers. Dans les faits, beaucoup de propriétaires fournissent un kit literie complet — surtout pour les locations de courte durée type Airbnb — mais pour une résidence principale, seuls la couette/couverture et le lit sont requis.