✓ Les infos à retenir
- Le taux global d’imposition sur la plus-value immobilière est de 36,2 % (19 % d’impôt sur le revenu + 17,2 % de prélèvements sociaux)
- Exonération totale d’impôt sur le revenu après 22 ans de détention, et exonération complète après 30 ans
- La résidence principale est totalement exonérée de plus-value, sans condition de durée
- Une surtaxe progressive s’applique sur les plus-values nettes dépassant 50 000 €, avec des taux de 2 % à 6 %
- Le notaire calcule et déclare automatiquement la plus-value lors de la signature de l’acte de vente
La plus-value immobilière, c’est quoi exactement ?
Tu vends un bien immobilier plus cher que tu ne l’as acheté ? Félicitations, tu réalises une plus-value immobilière ! Concrètement, c’est la différence entre ton prix de vente et ton prix d’acquisition. Simple sur le papier, mais la fiscalité qui va avec, c’est une autre histoire.
À l’inverse, si tu vends à perte, on parle de moins-value. Dans ce cas, aucune imposition — mais pas de déduction possible sur tes autres revenus non plus.
Ce qui t’intéresse ici, c’est surtout de savoir combien tu vas payer à l’État sur cette plus-value. Et crois-moi, le calcul mérite qu’on s’y arrête sérieusement !
💡 La plus-value immobilière imposable est égale au prix de vente diminué du prix d’acquisition, après application des abattements pour durée de détention. Le taux global d’imposition est de 36,2 % (19 % d’impôt sur le revenu + 17,2 % de prélèvements sociaux).
Quels biens sont concernés par la taxation ?

Tous les biens immobiliers ne sont pas logés à la même enseigne. La taxation de la plus-value immobilière touche principalement les résidences secondaires, les biens locatifs, les terrains à bâtir, les locaux commerciaux et les parts de SCI soumises à l’impôt sur le revenu.
Les biens détenus en direct, via une SCI familiale ou une société de personnes sont concernés. Les cessions de parts de sociétés à prépondérance immobilière aussi.
Et la résidence principale ?
Bonne nouvelle : la résidence principale est totalement exonérée de plus-value immobilière, sans condition de durée de détention. C’est l’exonération la plus connue et la plus utilisée en France. Pour en bénéficier, le logement doit être ta résidence habituelle et effective au moment de la vente.
Comment calculer le montant de la plus-value immobilière ?
Le calcul se fait en deux étapes : d’abord la plus-value brute, puis la plus-value nette imposable après abattements.
Le calcul de la plus-value brute
La formule de base : Prix de vente − Prix d’acquisition = Plus-value brute.
Mais attention, ces deux montants peuvent être corrigés. Du côté du prix de vente, on déduit les frais liés à la cession (diagnostics obligatoires, commission d’agence si elle est à la charge du vendeur, etc.).
Du côté du prix d’acquisition, tu peux majorer le montant avec :
- Les frais d’acte notarié (frais de notaire) réels ou forfaitairement à 7,5 % du prix d’achat
- Les charges et indemnités versées au vendeur lors de l’achat
- Les dépenses de travaux (construction, reconstruction, agrandissement, amélioration) sur justificatifs — ou forfaitairement à 15 % si tu détiens le bien depuis plus de 5 ans
Un exemple concret pour bien comprendre
Tu as acheté un appartement 150 000 € il y a 10 ans. Les frais de notaire étaient de 11 250 € (7,5 %). Tu as réalisé 20 000 € de travaux justifiés. Tu le revends aujourd’hui 230 000 €.
Prix d’acquisition corrigé : 150 000 + 11 250 + 20 000 = 181 250 €. Plus-value brute : 230 000 − 181 250 = 48 750 €. Ensuite, on applique les abattements pour durée de détention pour obtenir la plus-value nette imposable.
Les abattements selon la durée de détention
Plus tu gardes ton bien longtemps, moins tu paies. C’est le principe des abattements pour durée de détention, qui s’appliquent différemment selon qu’on parle d’impôt sur le revenu ou de prélèvements sociaux.
| Année de détention | Abattement IR (19 %) | Abattement PS (17,2 %) |
|---|---|---|
| Moins de 6 ans | 0 % | 0 % |
| De 6 à 21 ans | 6 % par an | 1,65 % par an |
| 22e année révolue | 4 % (exonération totale IR) | 1,60 % |
| De 23 à 30 ans | Exonéré | 9 % par an |
| Au-delà de 30 ans | Exonéré | Exonéré |
La règle à retenir : exonération totale d’impôt sur le revenu après 22 ans de détention, et exonération totale (IR + prélèvements sociaux) après 30 ans.
Quel est le taux d’imposition sur la plus-value immobilière ?
Le taux global est de 36,2 % sur la plus-value nette imposable, décomposé en deux prélèvements distincts :
D’un côté, l’impôt sur le revenu au taux fixe de 19 %. De l’autre, les prélèvements sociaux au taux de 17,2 % (CSG, CRDS et prélèvement de solidarité). Ces deux montants sont calculés séparément car les abattements ne s’appliquent pas de la même façon.
La surtaxe pour les plus-values élevées
Si ta plus-value nette imposable dépasse 50 000 €, une taxe supplémentaire s’applique sur la part excédant ce seuil. C’est la fameuse surtaxe sur les plus-values immobilières élevées !
Son barème progressif va de 2 % (pour une PV entre 50 001 et 60 000 €) jusqu’à 6 % (pour une PV supérieure à 260 000 €). Elle s’ajoute aux 36,2 %, ce qui peut porter le taux marginal effectif à plus de 40 %.
✅ Après 22 ans de détention, tu es exonéré d’impôt sur le revenu. Après 30 ans, tu es exonéré de toute imposition, y compris les prélèvements sociaux. La durée de détention est donc l’un des leviers les plus puissants pour réduire ta facture fiscale.
Quelles sont les exonérations possibles ?

Au-delà de la résidence principale et des 30 ans de détention, d’autres situations permettent d’échapper à l’imposition. Et certaines sont méconnues !
Les exonérations liées à la situation personnelle
Les retraités et les titulaires d’une carte d’invalidité de 2e ou 3e catégorie peuvent être exonérés sous conditions de ressources et à condition de ne pas être assujettis à l’IFI. La cession doit porter sur un bien autre que la résidence principale.
Les personnes qui résidaient en maison de retraite ou établissement médico-social peuvent également bénéficier d’une exonération si elles cèdent leur ancienne résidence principale dans les deux ans suivant leur entrée en établissement.
Les exonérations liées au bien ou à l’acheteur
La vente d’un bien à un organisme de logement social (HLM, bailleur social agréé) ouvre droit à une exonération totale de plus-value. Une opportunité à surveiller selon les dispositifs en vigueur dans ta commune.
Les non-résidents fiscaux français sont également soumis à des règles spécifiques. Ils peuvent bénéficier d’une exonération partielle sous conditions (notamment pour la cession de l’ancienne résidence principale en France, dans un délai d’un an après le départ).
Le cas particulier des terrains à bâtir
Les terrains à bâtir situés en zones tendues peuvent faire l’objet d’abattements exceptionnels pouvant aller jusqu’à 70 % (voire 85 % dans certains cas) lorsque la vente est conclue en vue de la construction de logements. Ces dispositifs sont ponctuels et encadrés par la loi. Pour certains investissements locatifs stratégiques, il est important de bien sélectionner la localisation de votre bien : consultez notre guide sur les villes à éviter pour un investissement locatif, qui vous aidera à anticiper les risques et donc à mieux optimiser vos futurs gains.
Comment est déclarée et payée la plus-value ?
Bonne nouvelle : tu n’as rien à faire toi-même pour la déclaration ! C’est le notaire qui se charge de calculer, déclarer et reverser directement l’impôt sur la plus-value immobilière au moment de la signature de l’acte de vente.
Il établit le formulaire 2048-IMM (pour les biens bâtis) ou 2048-TAB (pour les terrains à bâtir) et collecte l’impôt à la source. Tu recevras une attestation et les montants prélevés apparaîtront sur ta déclaration annuelle de revenus, sans qu’il y ait de régularisation.
D’ailleurs, le rôle du notaire est crucial dans l’ensemble du processus immobilier. Si tu envisages une vente immobilière avec deux notaires, il est bon de comprendre les implications et les modalités de cette démarche, qui peut survenir dans certaines situations spécifiques.
Et pour ta déclaration annuelle ?
Même si le notaire gère le paiement, tu dois reporter la plus-value dans ta déclaration annuelle d’impôt sur le revenu (formulaire 2042 C). C’est purement déclaratif, sans impôt supplémentaire à payer si tout a été réglé à la source.
Peut-on vraiment optimiser le montant de la plus-value à payer ?
Oui, et c’est même fortement recommandé avant toute vente ! Plusieurs leviers sont à ta disposition pour réduire légalement l’assiette imposable.
Pense à bien documenter tous tes travaux : factures d’artisans, entreprises certifiées, matériaux achetés. Ces justificatifs sont précieux pour majorer ton prix d’acquisition. Sans factures ? Le forfait de 15 % s’applique automatiquement si tu détiens le bien depuis plus de 5 ans.
Anticipe aussi le calendrier de la vente. Vendre quelques mois après une date anniversaire de détention peut faire une vraie différence sur le taux d’abattement applicable. Un an de plus, c’est parfois plusieurs milliers d’euros d’impôt en moins !
Enfin, en cas de vente en viager ou d’échange de biens, les règles de calcul sont adaptées. Le bouquet et la rente viagère sont traités séparément selon des règles spécifiques. Ces situations méritent un accompagnement notarial personnalisé dès le départ. De plus, si vous envisagez l’acquisition d’un bien en tant qu’investisseur ou acheteur particulier, certaines situations spéciales peuvent survenir : informez-vous sur l’achat immobilier en séquestre, qui est une procédure judiciaire permettant de sécuriser l’achat de certains biens.
Un récap chiffré pour fixer les idées

Reprenons notre exemple précédent : plus-value brute de 48 750 €, bien détenu depuis 10 ans.
Abattement IR après 10 ans : 4 années × 6 % = 24 %. Abattement PS après 10 ans : 4 années × 1,65 % = 6,6 %.
Plus-value imposable à l’IR : 48 750 × (1 − 0,24) = 37 050 €. Impôt sur le revenu : 37 050 × 19 % = 7 039,50 €.
Plus-value imposable aux PS : 48 750 × (1 − 0,066) = 45 532,50 €. Prélèvements sociaux : 45 532,50 × 17,2 % = 7 831,59 €.
Total dû : environ 14 871 €. La plus-value étant inférieure à 50 000 €, aucune surtaxe ne s’applique ici. Pas si mal pour un appartement revendu avec 80 000 € de gain brut !
Ce type de simulation, réalisée en amont avec ton notaire ou un conseiller fiscal, te permet d’éviter les mauvaises surprises le jour de la vente. Mieux vaut calculer avant qu’après !
Questions fréquentes sur la plus-value immobilière
Comment la plus-value immobilière est-elle calculée en cas de donation ou succession ?
En cas de donation ou succession, la valeur d’acquisition correspond à la valeur vénale du bien au jour de la transmission, majorée des frais (notaire, droits de mutation). Pour les successions, les abattements familiaux (100 000 € pour un enfant) réduisent l’assiette taxable. Les prélèvements sociaux (17,2 %) s’appliquent si le bien est revendu avant 30 ans.
Quels sont les frais déductibles du prix d’acquisition pour réduire la plus-value ?
Les frais d’acquisition (notaire, droits d’enregistrement) sont déductibles pour leur montant réel ou forfaitairement à 7,5 %. Les travaux (construction, agrandissement) sont déductibles sur justificatifs ou via un forfait de 15 % après 5 ans de détention. Les frais de vente (diagnostics, commission) réduisent le prix de cession.
La plus-value immobilière s’applique-t-elle aux biens situés à l’étranger ?
Oui, les résidents fiscaux français sont imposables sur les plus-values réalisées à l’étranger. Le calcul suit les mêmes règles (taux de 36,2 %), mais des conventions fiscales peuvent éviter la double imposition. Les non-résidents sont exonérés sauf pour les biens français, sous conditions (ex : ancienne résidence principale).
Peut-on reporter l’imposition de la plus-value en cas de réinvestissement ?
Le report d’imposition est possible uniquement pour les expropriations ou ventes en zone tendue, sous conditions de réinvestissement dans un délai de 12 mois. Pour les particuliers, aucun report n’est prévu pour les ventes classiques. Les professionnels (marchands de biens) bénéficient de régimes spécifiques.
Comment sont taxées les plus-values sur les parts de SCI ?
Les plus-values sur parts de SCI sont imposées comme les biens immobiliers directs (taux de 36,2 %). L’abattement pour durée de détention s’applique à partir de la date d’acquisition des parts. Les cessions de parts entre associés sont soumises aux mêmes règles, sauf en cas de donation familiale (exonération partielle).