Ce que vous devez savoir sur les squatteurs Airbnb
- La loi Kasbarian-Bergé 2023 a réduit les délais d’expulsion administrative de plusieurs mois à quelques semaines
- L’occupation sans droit ni titre est punie jusqu’à 3 ans de prison et 45 000 euros d’amende selon l’article 226-4 du Code pénal
- La trêve hivernale ne s’applique plus aux squatteurs reconnus comme tels depuis la réforme législative
- Le commissaire de justice est l’acteur clé pour constater l’occupation illégale et accélérer les démarches
- Une vérification d’identité rigoureuse en amont pourrait éviter une part importante des litiges locatifs
Un message affolé dans ma boîte mail il y a quelques semaines : « Léo, j’ai loué mon appart sur Airbnb, le locataire refuse de partir, qu’est-ce que je fais ? » Ce genre de galère, ça arrive plus souvent qu’on ne le pense. Les squatteurs airbnb ne sont pas une légende urbaine, c’est un vrai risque quand tu loues en location courte durée.
La bonne nouvelle ? La loi a bougé, et plutôt dans le bon sens pour les propriétaires. Depuis la loi anti-squat 2023, aussi appelée loi Kasbarian-Bergé, les procédures se sont sacrément accélérées. Fini le temps où on te disait d’attendre des mois avant de récupérer ton bien !
⚡ Un squatteur qui refuse de quitter un meublé de tourisme relève de l’occupation sans droit ni titre, un délit puni par l’article 226-4 du Code pénal : jusqu’à trois ans de prison et 45 000 euros d’amende.
Squatteurs Airbnb : comment ça se produit concrètement ?

Un locataire réserve trois nuits, et refuse de partir passé ce délai ? Réponse directe : ça arrive, et c’est souvent lié à une mauvaise foi assumée. Certains profitent du flou entre bail d’habitation loi de 1989 et simple contrat de location saisonnière pour s’incruster.
Le problème, c’est que juridiquement, un occupant Airbnb n’a jamais signé de bail d’habitation classique. Donc il ne peut pas invoquer les protections du locataire traditionnel. C’est justement ce vide qu’exploitaient certains squatteurs avant la réforme, en jouant la montre devant des propriétaires désemparés.
Autre cas fréquent : l’occupant qui prétend avoir payé, alors qu’il a annulé son paiement juste après son arrivée. Airbnb propose la Garantie Hôte Airbnb, mais elle ne couvre pas tout, loin de là. Elle indemnise certains dégâts matériels, pas l’expulsion en elle-même.
Que dit la loi anti-squat pour les propriétaires ?
Cette zone grise juridique a justement motivé un durcissement législatif. La loi anti-squat 2023 a clarifié les choses et musclé sérieusement les outils à disposition des propriétaires.
Concrètement, la loi Kasbarian-Bergé a créé une procédure d’expulsion administrative spécifique pour les squatteurs, sans passer systématiquement par un juge. Le préfet peut désormais ordonner l’évacuation forcée dans des délais bien plus courts qu’avant. On parle de quelques semaines, contre plusieurs mois auparavant !
Autre changement majeur : la trêve hivernale ne s’applique plus aux squatteurs reconnus comme tels. Avant, certains en profitaient pour tenir jusqu’au printemps sans bouger le petit doigt. Aujourd’hui, ce refuge juridique a disparu pour les occupants illégitimes.
📌 Selon les chiffres communiqués par le ministère de la Justice, plusieurs milliers de procédures d’expulsion accélérée ont été engagées depuis l’entrée en vigueur de la loi Kasbarian-Bergé.
Faut-il craindre la loi Riposte face aux squatteurs ?

La loi Ripost (parfois orthographiée « Riposte » dans les médias) est venue compléter cet arsenal. Elle vise à renforcer encore les sanctions pénales et à simplifier les démarches pour les propriétaires victimes.
Mon avis tranché sur le sujet ? On a mis trop de temps à réagir. Pendant des années, des propriétaires se sont retrouvés démunis face à des occupants de mauvaise foi, pendant que l’appareil judiciaire trainait des pieds. Cette évolution législative était largement attendue, et franchement, elle arrive tard.
Ce qui m’agace encore, c’est que beaucoup de propriétaires ignorent totalement ces protections. Ils paniquent, ils cèdent, ils négocient avec le squatteur au lieu d’activer les bons leviers juridiques. Grosse erreur !

Quelles démarches engager en cas de squatteurs airbnb ?
Une fois la situation identifiée, il faut agir vite et dans le bon ordre. Voici la marche à suivre, sans perdre de temps.
- Dépose plainte immédiatement pour occupation sans droit ni titre, ça déclenche tout le reste.
- Fais constater les faits par un commissaire de justice (l’ex-huissier), son constat sera ta pièce maîtresse.
- Saisis le préfet pour activer la procédure d’expulsion administrative express.
- Lance un référé civil en parallèle si la voie administrative traîne, pour obtenir une décision rapide du juge.
- Contacte le support Airbnb pour signaler le litige et activer la Garantie Hôte si des dégâts sont constatés.
Le commissaire de justice reste ton meilleur allié dans cette histoire. Son constat prouve l’occupation illégale et accélère toutes les démarches suivantes. Sans lui, tu perds un temps précieux.
| Procédure | Délai moyen | Intervenant clé |
|---|---|---|
| Expulsion administrative (loi Kasbarian-Bergé) | Quelques semaines | Préfet |
| Référé civil | 1 à 2 mois | Juge des référés |
| Constat d’occupation | Quelques jours | Commissaire de justice |
Comment se protéger avant même de louer sur Airbnb ?
Mieux vaut prévenir que courir après un squatteur pendant des mois. Voici les réflexes à adopter avant même la première réservation.
D’abord, vérifie systématiquement l’identité du voyageur via le système de vérification Airbnb. Ne loue jamais à quelqu’un sans profil vérifié, sans avis, sans historique. C’est une évidence, mais tellement de propriétaires zappent cette étape par flemme ou par confiance excessive.
Ensuite, souscris une assurance propriétaire non-occupant adaptée à la location courte durée. Toutes les assurances classiques ne couvrent pas ce type de mise en location. Vérifie bien les clauses avant de signer, certains contrats excluent purement et simplement le meublé de tourisme.
✅ Selon une enquête de l’UFC-Que Choisir, une part importante des litiges locatifs pourrait être évitée avec une vérification d’identité rigoureuse en amont.
Enfin, garde une trace écrite de tous les échanges avec ton voyageur. Messages Airbnb, confirmations de réservation, tout doit être conservé précieusement. En cas de litige, ces preuves feront toute la différence devant un juge ou un commissaire de justice.
Face aux squatteurs airbnb, trois réflexes suffisent : dépose plainte sans tarder, fais intervenir un commissaire de justice, et active la procédure d’expulsion administrative dès que possible. La loi a enfin basculé du côté des propriétaires. Ne subis plus, agis vite !