Comment vendre une maison en indivision avec ta fratrie ?

Clés et calculatrice posées sur des euros
L’essentielFaits vérifiés

Ce qu’il faut savoir sur la vente d’une maison en indivision entre frère et sœur

  • Vendre la maison entière exige l’accord de tous les indivisaires (article 815-3 du Code civil).
  • Nul ne peut être forcé de rester en indivision : chacun peut demander le partage (article 815).
  • Pour vendre ta part à un tiers, tes cohéritiers ont 1 mois pour préempter (article 815-14).
  • Deux frères et sœurs à 50 % chacun n’atteignent jamais la majorité des deux tiers des droits indivis.
  • L’indemnité d’occupation se prescrit par 5 ans (article 815-10).

5 faits vérifiés4 sourcesmis à jour le 13 octobre 2026

01

Une maison, deux propriétaires

Chaque héritier détient une quote-part du bien entier, jamais une pièce précise.

02

Un accord ou un juge

Sans unanimité, la sortie passe par le tribunal judiciaire, avec un délai à prévoir.

03

Des frais à partager

Taxe foncière, assurance et impôt sur la plus-value se répartissent selon les parts.

Pour une vente d’une maison en indivision entre frère et sœur, la règle de départ tient en un mot : l’accord de tous. Vendre le bien entier compte comme un acte de disposition, et ton frère ou ta sœur peut le bloquer. Je préfère te le dire dès le début, parce que tout le reste du parcours en découle.

Que dit la loi sur la vente d’une maison en indivision ?

Le texte de base, c’est l’article 815-3 du Code civil : le consentement de tous les indivisaires est requis pour vendre le bien. Ton frère dit non, la vente d’ensemble s’arrête. Autant le savoir avant de lancer une annonce.

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Le deuxième texte joue le rôle de soupape. L’article 815 pose que nul ne peut être contraint de rester dans l’indivision, et que le partage peut toujours être demandé. Tu n’es donc jamais prisonnier, même si la sortie passe parfois par un juge.

Dans la plupart des cas, l’indivision naît d’un décès. La maison entre dans la succession, et chaque enfant détient une quote-part, c’est-à-dire une fraction de l’ensemble et non un étage ou une chambre. Deux enfants héritiers à parts égales détiennent chacun 50 %. La déclaration de succession se dépose dans les 6 mois du décès (article 641 du Code général des impôts), et c’est souvent à ce moment que la question de la vente apparaît.

Un point que beaucoup oublient : le conjoint survivant. Si ton père ou ta mère vit encore, son usufruit peut peser sur la vente, et il faut vérifier si ta mère peut vendre la maison après le décès de ton père avant d’aller plus loin. Je commence toujours par là, car une erreur sur ce point annule tout le reste.

Quels cas compliquent la vente ?

Trois situations allongent le parcours, et je te conseille de les repérer tôt. D’abord, un héritier mineur : la vente de son immeuble demande l’autorisation du juge des tutelles (article 387-1 du Code civil). Ensuite, un héritier décédé entre-temps, dont les propres héritiers prennent la place et dont il faut recueillir toutes les signatures. Enfin, un héritier injoignable, qui oblige à passer par le juge. Dans ces trois cas, le calendrier se compte en mois, jamais en semaines.

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Comment fixer le prix et la quote-part de chacun ?

Avant de parler vente, mets un chiffre sur la maison. Demande deux ou trois estimations écrites à des agents du secteur, puis fais la moyenne. Si vous n’arrivez pas à vous accorder, une expertise par un notaire ou par un expert immobilier tranche. Je privilégie deux avis de professionnels plutôt qu’une estimation en ligne : un chiffre signé calme beaucoup de discussions.

La quote-part répartit ensuite le prix. Sur une vente à 300 000 €, deux enfants à 50 % touchent chacun 150 000 €, avant frais et impôt. Si l’un des deux a reçu une donation du défunt de son vivant, les parts peuvent bouger : le notaire règle ces rapports lors du partage. Pour mesurer ce que la succession coûte avant de partager, lis combien coûte vraiment une succession immobilière.

Quand l’un veut vendre vite et l’autre pas, je propose un compromis simple : un prix de départ calé sur l’estimation haute, un prix plancher écrit à l’avance, et un rendez-vous fixé au bout de trois mois pour décider d’une baisse. Cette méthode évite les reproches du type « tu as bradé la maison ». Ton frère ou ta sœur sait dès le départ jusqu’où vous descendrez, et personne n’a de mauvaise surprise le jour de l’offre.

Quelles pièces réunir avant de vendre ?

Un dossier complet évite des semaines de retard chez le notaire. Rassemble ceci :

  • l’attestation immobilière, qui fixe les droits de chaque héritier ;
  • le titre de propriété et le dernier avis de taxe foncière ;
  • les diagnostics obligatoires, dont le DPE, à la charge des vendeurs ;
  • les estimations écrites et l’accord de chaque indivisaire sur le prix plancher.

⚠️ Ne signe aucun mandat de vente seul : sans l’accord écrit de tous les indivisaires, l’agent n’a pas qualité pour vendre le bien entier.

Comment vendre à l’amiable à un tiers ou à ta fratrie ?

Quand tout le monde est d’accord, la vente d’une maison en indivision entre frère et sœur suit le chemin classique : mandat signé par tous, compromis, puis acte authentique chez le notaire. L’acheteur paie les frais de notaire, vous partagez le prix selon vos quotes-parts le jour de la signature.

Côté acheteur, prévois la suite. Le compromis contient en général une condition suspensive de prêt d’au moins 45 jours (article L313-41 du Code de la consommation), et l’acquéreur profite de 10 jours de rétractation après la signature (article L271-1 du Code de la construction et de l’habitation). Compte donc plusieurs mois entre le premier visiteur et l’acte définitif, et préviens ton frère ou ta sœur de ce calendrier pour éviter les impatiences.

Un seul vendeur peut recevoir mandat des autres pour signer à leur place. Je conseille de le prévoir par écrit, avec un prix plancher, pour éviter qu’un indivisaire conteste la vente après coup.

Vendre seulement ta quote-part

Tu peux vendre ta part seule, mais ton frère ou ta sœur passe devant. L’article 815-14 impose de lui notifier le prix et les conditions par commissaire de justice : il a un mois pour acheter à ta place. Une cession faite sans cette notification est nulle, et l’action se prescrit par 5 ans (article 815-16). En pratique, je déconseille cette voie : peu d’acheteurs veulent d’une part de maison, et la décote est lourde.

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Racheter la part de ton frère ou de ta sœur

Si tu veux garder la maison, tu rachètes sa part et tu lui verses une soulte, c’est-à-dire la somme qui compense la différence de valeur. Sur une maison à 300 000 € rachetée à parts égales, la soulte atteint 150 000 € : ton banquier la finance comme un crédit immobilier classique, avec la maison en garantie, et le notaire ajoute les droits liés au partage. Demande un chiffrage avant de t’engager. Compare ensuite l’indivision encadrée à une société : SCI ou indivision, que choisir pour détenir un bien à plusieurs détaille les deux options. Pour rester en indivision plus longtemps, la convention d’indivision (articles 1873-1 et suivants) dure 5 ans au plus par période, renouvelable.

Que faire si ton frère ou ta sœur refuse de vendre ?

Commence par la discussion écrite. Envoie un courrier recommandé qui propose un prix, une date et une répartition, et laisse un délai raisonnable. Un notaire joue aussi le rôle de médiateur sans coût d’avocat. Je te recommande cette étape même si elle semble inutile : le juge te demandera de prouver que tu as tenté l’amiable (article 1360 du Code de procédure civile).

Main tenant une clé de maison

Si le blocage vient d’une urgence concrète, par exemple un toit qui fuit et que personne ne répare, une autre porte existe. L’article 815-6 permet au président du tribunal judiciaire, saisi en référé, de prescrire ou d’autoriser les mesures urgentes que demande l’intérêt commun. Le juge ne peut pas ordonner la vente par ce biais, il peut en revanche décider de travaux ou d’une avance de frais, ce qui protège la valeur de la maison pendant le litige.

La voie des deux tiers, fermée à deux

L’article 815-5-1, issu de la loi du 23 juin 2006, ouvre une porte : les indivisaires qui détiennent au moins deux tiers des droits indivis expriment devant notaire leur intention de vendre. Le notaire la fait signifier aux autres dans le mois, et le tribunal judiciaire autorise la vente si elle ne porte pas une atteinte excessive à leurs droits. Le piège classique : à deux enfants, chacun détient 50 %, donc personne n’atteint ce seuil. Avec trois enfants, deux d’entre eux réunissent exactement les deux tiers. Aucun des concurrents que j’ai comparés ne le dit aussi nettement.

Le partage judiciaire et la licitation

Si rien ne bouge, tu assignes ton frère ou ta sœur devant le tribunal judiciaire pour obtenir le partage. Quand la maison ne se partage pas commodément, le juge ordonne sa vente aux enchères, appelée licitation. Le tribunal peut aussi accorder un sursis de 2 ans au plus si une vente immédiate nuirait à la valeur du bien (article 820). Prévois plus d’un an en cas de contestation, et un prix souvent inférieur à celui d’une vente amiable.

Voie Accord requis Point de vigilance
Vente amiable de la maison Tous les indivisaires Mandat écrit et prix plancher
Cession de ta part Aucun, mais préemption 1 mois pour préempter, nullité 5 ans
Vente autorisée à 2/3 2/3 des droits, juge Impossible à deux à 50 %
Partage judiciaire Aucun Délai long, vente aux enchères

Qui paie les charges et l’occupation du bien ?

Tant que la maison n’est pas vendue, elle coûte de l’argent, et tu en supportes ta part même si tu n’y habites pas. Chaque indivisaire paie les dépenses d’entretien et de conservation au prorata de ses droits.

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  • la taxe foncière et l’assurance du bien ;
  • les travaux urgents de conservation (toiture, fuite) ;
  • les frais de gardiennage ou d’énergie pour garder la maison hors gel.

Ouvre un compte bancaire commun à l’indivision, alimenté chaque mois par chacun selon ses droits. Ce compte règle la taxe foncière, l’assurance et les petites réparations, et il laisse une trace claire de qui a payé quoi. Je trouve cette méthode plus saine que les avances au cas par cas, qui nourrissent les rancœurs.

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Si un seul indivisaire avance ces sommes, il les récupère sur le prix de vente. Garde chaque facture : un relevé daté coupe court aux désaccords au partage.

Que faire si un indivisaire ne paie plus sa part ?

Celui qui a avancé les sommes garde une créance sur l’indivision, qu’il récupère sur le prix à la vente. Tu peux aussi réclamer la somme par une relance écrite recommandée, puis devant le tribunal. Écris tout, date tout, et conserve les justificatifs de paiement : le notaire reprendra ces montants lors du partage.

L’indemnité d’occupation

Celui qui occupe seul la maison doit une indemnité aux autres (article 815-9). Elle se calcule sur la valeur locative, avec souvent un abattement pour précarité autour de 20 %. Exemple : une valeur locative de 900 € par mois devient 720 € après abattement, soit 360 € par mois dus à l’autre moitié. Ces sommes se réclament sur 5 ans au plus (article 815-10), donc ne laisse pas traîner la demande.

💡 Si tu occupes la maison, propose toi-même une indemnité écrite : tu évites un contentieux et tu montres ta bonne foi au moment de négocier le rachat.

Quelle fiscalité et quels frais pour la vente ?

Bonne nouvelle, la plus-value est souvent faible après une succession : la valeur d’acquisition correspond à celle déclarée au décès, et la durée de détention court dès cette date. Tu ne paies d’impôt que sur l’écart entre le prix de vente et cette valeur.

Cette plus-value subit 19 % d’impôt sur le revenu, auxquels s’ajoutent les prélèvements sociaux. L’exonération d’impôt sur le revenu arrive après 22 ans de détention, celle des prélèvements sociaux après 30 ans. La résidence principale du vendeur reste exonérée (fiche Service-Public sur la plus-value immobilière). Vérifie le taux des prélèvements sociaux auprès de ton notaire, car il change selon les lois de finances.

Prévois aussi les frais de vente. Les honoraires d’agence se négocient et pèsent souvent entre 4 et 6 % du prix, à votre charge ou à celle de l’acheteur selon le mandat. Les diagnostics (DPE, amiante, électricité, gaz selon l’âge du logement) restent à la charge des vendeurs, et vous les partagez comme le reste. Au moment du partage, le notaire règle les comptes : avances de charges, indemnité d’occupation, soulte éventuelle.

Pour la transmission, certains préfèrent donner leur part de leur vivant : regarde alors comment organiser une donation immobilière de son vivant. Pour un cas complexe (démembrement, mineur, héritier absent), je te conseille de consulter un notaire sans attendre.

Pour résumer l’ordre que je suis : tu vérifies d’abord qui sont les indivisaires et leurs droits, tu fais estimer la maison, tu proposes un prix plancher par écrit, puis tu choisis entre la vente à l’amiable, le rachat de la part et la procédure judiciaire. Chaque étape te donne une réponse claire avant la suivante, et cette progression évite de dépenser des frais d’avocat trop tôt. Teste ensuite les chiffres avec le simulateur ci-dessous.

Simule la part de chacun avant frais

Prix de vente : 300 000 €

Ta quote-part : 50 %

Ta part : 150 000 € | Part de ton frère ou de ta sœur : 150 000 €

FAQ sur la vente d’une maison en indivision entre frère et sœur

À qui peux-tu céder ta part d’indivision ?

À ton frère ou ta sœur en priorité, ou à un tiers si les autres renoncent. Ils ont 1 mois après notification par commissaire de justice pour préempter (article 815-14 du Code civil).

Combien de temps peut durer l’indivision ?

Elle n’a pas de durée fixe : chacun peut demander le partage à tout moment (article 815). Une convention d’indivision dure 5 ans au plus par période, et le juge peut accorder un sursis de 2 ans.

Ton frère peut-il bloquer la vente sans limite ?

Non. Si la discussion échoue, tu assignes devant le tribunal judiciaire, qui peut ordonner le partage ou la vente aux enchères. Tu dois prouver tes démarches amiables (article 1360 du Code de procédure civile).

Qui règle la taxe foncière d’une maison indivise ?

Tous les indivisaires, au prorata de leurs droits, que la maison soit occupée ou non. Avec 50 % chacun, une taxe foncière de 1 200 € coûte 600 € à chacun.

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