✓ Les infos à retenir
- Le statut LMP repose sur 2 conditions cumulatives : dépasser 23 000 € de recettes locatives annuelles ET que ces recettes représentent plus de 50 % des revenus professionnels du foyer fiscal
- Au régime réel, l’amortissement du bien immobilier (hors terrain) et du mobilier permet de déduire environ 7 000 à 8 000 € par an sans décaisser un centime
- Les LMP bénéficient d’une exonération totale de plus-value si les recettes annuelles HT sont inférieures à 90 000 € et l’activité exercée depuis au moins 5 ans
- Les cotisations sociales SSI s’élèvent à environ 40 à 43 % du bénéfice imposable, avec une cotisation minimale de 1 150 € par an
- L’inscription au Registre du Commerce et des Sociétés (RCS) n’est plus obligatoire depuis la décision du Conseil constitutionnel de 2018
Tu envisages de louer un bien meublé et tu te demandes si le statut de Loueur Meublé Professionnel est fait pour toi ? C’est une vraie bonne question, parce que le LMP, c’est un régime fiscal avec des avantages sérieux… mais aussi des conditions strictes à remplir. Avant de te lancer, autant comprendre exactement ce que ça implique. Voici tout ce qu’il faut savoir sur les conditions LMP, le régime fiscal qui va avec, et comment en tirer le meilleur parti.
Le statut LMP, c’est quoi exactement ?

Le Loueur Meublé Professionnel est un statut fiscal qui s’applique aux personnes physiques qui louent des logements meublés et qui dépassent certains seuils de revenus. Contrairement à ce que le mot « professionnel » pourrait laisser croire, tu n’es pas obligé de créer une société pour être LMP !
Ce statut est encadré par l’article 151 septies du Code général des impôts. Il se distingue du LMNP (Loueur Meublé Non Professionnel) principalement par les seuils de revenus locatifs et leur part dans les revenus du foyer fiscal.
💡 À retenir : Le statut LMP repose sur 2 conditions cumulatives liées aux recettes locatives. Si tu ne remplis pas ces deux critères simultanément, tu bascules automatiquement en LMNP.
LMP vs LMNP : quelle différence concrète ?
La frontière entre les deux statuts est avant tout une question de chiffres. Le LMNP est le régime « par défaut » pour les bailleurs de meublés. Le LMP, lui, s’applique dès que ton activité locative prend une dimension significative dans tes revenus globaux.
Les différences sont importantes : traitement des déficits, exonération des plus-values, cotisations sociales… On y revient en détail plus bas !
Quelles sont les conditions pour être LMP ?
Pour obtenir le statut LMP, tu dois remplir deux conditions cumulatives. Les voici :
- Tes recettes annuelles tirées de la location meublée doivent dépasser 23 000 € (toutes locations confondues, charges comprises).
- Ces recettes doivent représenter plus de 50 % des revenus professionnels du foyer fiscal (salaires, BIC, BNC, traitements, etc.).
Si une seule de ces deux conditions n’est pas remplie, tu es LMNP. C’est aussi simple que ça. Le statut LMP n’est donc pas réservé aux « grands » investisseurs, mais à ceux dont l’activité meublée constitue la principale source de revenus.
Comment calcule-t-on le seuil des 50 % ?
Le calcul inclut les revenus professionnels de l’ensemble du foyer fiscal : salaires nets, revenus BIC d’autres activités, BNC, pensions de retraite… Les revenus du capital (dividendes, intérêts) ne sont pas pris en compte dans ce calcul.
Exemple concret : si ton foyer perçoit 40 000 € de salaires et 30 000 € de loyers meublés, tes recettes LMP représentent 42,8 % des revenus professionnels. Tu ne franchis pas le seuil des 50 %. Résultat : tu restes en LMNP, même si tu dépasses 23 000 €.
Faut-il s’inscrire au RCS pour être LMP ?
Depuis une décision du Conseil constitutionnel de 2018, l’inscription au Registre du Commerce et des Sociétés (RCS) n’est plus une condition obligatoire pour accéder au statut LMP. Seuls les deux critères de revenus évoqués ci-dessus comptent.
Quel est le régime fiscal du LMP ?

Les revenus tirés de la location meublée professionnelle sont imposés dans la catégorie des Bénéfices Industriels et Commerciaux (BIC). Deux régimes d’imposition s’offrent à toi selon ton chiffre d’affaires.
Le régime micro-BIC
Si tes recettes annuelles ne dépassent pas 77 700 € (seuil applicable pour les locations meublées classiques), tu peux opter pour le micro-BIC. Il offre un abattement forfaitaire de 50 % sur tes recettes. Simple et rapide à déclarer, il ne permet pas de déduire les charges réelles.
Pour les meublés de tourisme classés, le seuil micro-BIC est de 188 700 € avec un abattement de 71 %. Mais attention, ces seuils font régulièrement l’objet de discussions législatives !
Le régime réel simplifié ou normal
Au-delà des seuils micro-BIC, ou sur option, tu relèves du régime réel. C’est souvent là que le LMP devient vraiment intéressant fiscalement. Tu peux déduire toutes tes charges réelles : intérêts d’emprunt, frais de gestion, assurances, travaux d’entretien, taxe foncière, et bien sûr les amortissements.
L’amortissement du bien immobilier (hors terrain) et du mobilier permet de réduire drastiquement la base imposable. C’est l’un des atouts majeurs du régime meublé professionnel !
Impôt sur le revenu ou impôt sur les sociétés ?
En tant que personne physique, tu es imposé à l’IR (impôt sur le revenu) sur ta quote-part de bénéfices. Mais si tu exerces via une société (SARL de famille, SAS…), tu peux opter pour l’IS. Le taux réduit IS est de 15 % jusqu’à 42 500 € de bénéfices, puis 25 % au-delà. Chaque situation est unique, il vaut mieux faire les calculs avec un comptable.
✅ Bon à savoir : Au régime réel, le déficit généré par un LMP est imputable sur le revenu global du foyer fiscal, sans limitation de montant. C’est un avantage considérable par rapport au LMNP, où le déficit reste cantonné aux revenus de même nature.
Quelles charges sont déductibles en LMP ?
C’est souvent la question qui fait mouche ! Au régime réel, la liste des charges déductibles est vraiment large. Voici un tableau récapitulatif des principales déductions possibles :
| Type de charge | Déductible en LMP (régime réel) ? |
|---|---|
| Intérêts d’emprunt | ✅ Oui |
| Amortissement du bien (hors terrain) | ✅ Oui |
| Amortissement du mobilier | ✅ Oui |
| Frais de gestion / agence | ✅ Oui |
| Assurances (PNO, loyers impayés…) | ✅ Oui |
| Taxe foncière | ✅ Oui |
| Travaux d’entretien et de réparation | ✅ Oui |
| CFE (Cotisation Foncière des Entreprises) | ✅ Oui |
| Cotisations sociales SSI | ✅ Oui |
L’amortissement, c’est vraiment le nerf de la guerre. Un appartement acheté 200 000 € (terrain exclu) peut être amorti sur 25 à 30 ans, ce qui génère environ 7 000 à 8 000 € de charges déductibles par an, sans décaisser un centime !
Quelles exonérations de plus-values pour le LMP ?
C’est l’un des avantages les plus attractifs du statut LMP. Les plus-values professionnelles réalisées lors de la cession d’un bien loué en meublé professionnel peuvent bénéficier d’une exonération totale ou partielle.
Exonération totale
Si les recettes annuelles HT de ton activité LMP sont inférieures à 90 000 €, tu peux bénéficier d’une exonération totale de la plus-value, à condition que l’activité soit exercée depuis au moins 5 ans. C’est une règle qui change vraiment la donne par rapport à l’immobilier locatif classique !
Exonération partielle
Entre 90 000 € et 126 000 € de recettes, l’exonération est partielle et dégressive. Au-delà de 126 000 €, la plus-value est imposée dans les conditions de droit commun des plus-values professionnelles.
Ces exonérations s’appliquent aux plus-values à long terme (biens détenus depuis plus de 2 ans). Les plus-values à court terme sont réintégrées dans le résultat imposable. Cela dit, avant de te lancer dans un investissement locatif, il faut bien choisir ta localisation géographique. Certaines villes sont à éviter pour un investissement locatif en raison de marché saturés ou peu dynamiques.
Quels impôts locaux et cotisations sociales pour un LMP ?
La CFE et la CVAE
Le LMP est soumis à la Cotisation Foncière des Entreprises (CFE), calculée sur la valeur locative des biens. Son montant varie selon la commune et le chiffre d’affaires. Bonne nouvelle : depuis 2024, la CVAE (Cotisation sur la Valeur Ajoutée des Entreprises) est en cours de suppression progressive.
Les cotisations sociales SSI
Le LMP est affilié à la Sécurité Sociale des Indépendants (SSI). Les cotisations sociales s’élèvent à environ 40 à 43 % du bénéfice imposable. Un taux élevé, certes, mais qui ouvre des droits : assurance maladie, retraite, indemnités journalières…
Si ton bénéfice LMP est nul ou très faible, une cotisation minimale reste due (environ 1 150 € par an). C’est un point à ne surtout pas négliger dans tes projections financières !
LMP et TVA : est-ce que ça s’applique ?
La location meublée à usage d’habitation est en principe exonérée de TVA. Mais attention, si tu proposes des prestations para-hôtelières (petit-déjeuner, ménage régulier, réception de clients, linge de maison fourni), tu bascules dans le régime de la para-hôtellerie, soumise à la TVA à 10 %.
La distinction entre LMP classique et para-hôtellerie est importante : la para-hôtellerie répond à des règles fiscales différentes, notamment en matière de TVA récupérable sur les investissements. C’est un sujet à creuser si tu envisages des locations de courte durée type Airbnb avec services !
Comment déclarer ses revenus en LMP ?
La déclaration des revenus LMP se fait via le formulaire 2042 C PRO, annexé à ta déclaration de revenus annuelle. Au régime réel, tu dois également déposer une liasse fiscale comprenant un bilan et un compte de résultat.
Les démarches d’immatriculation
Depuis janvier 2023, les formalités de déclaration d’activité des loueurs meublés se font via le guichet unique de l’INPI (Institut National de la Propriété Industrielle). Tu y obtiens ton numéro SIRET, indispensable pour facturer et déclarer ton activité. L’inscription est gratuite et se fait entièrement en ligne.
Micro-entreprise et LMP : compatible ?
Non, le régime de la micro-entreprise (auto-entrepreneur) n’est pas compatible avec le statut LMP dès lors que tu dépasses les seuils du micro-BIC. Au-delà, tu relèves obligatoirement du régime réel et tu cotises au SSI comme travailleur indépendant classique, pas comme auto-entrepreneur.
Le LMP est-il vraiment avantageux pour toi ?

Tout dépend de ta situation ! Le LMP brille particulièrement dans ces cas de figure : tu génères des déficits importants grâce à l’amortissement et aux charges, tu cherches à réduire ton revenu global imposable, ou tu prévois de revendre tes biens dans quelques années en profitant des exonérations de plus-values.
En revanche, si tes recettes locatives sont modestes ou si la location meublée est une activité annexe, le LMNP est souvent plus simple à gérer et fiscalement suffisant. Le passage au LMP s’accompagne de contraintes comptables et sociales non négligeables : tenu d’une comptabilité complète, cotisations SSI, liasse fiscale… Ce n’est pas anodin !
Enfin, si tu envisages une acquisition immobilière, attention aux situations exceptionnelles. Par exemple, un bien acheté en immobilier séquestré présente des spécificités légales qui peuvent impacter ton montage fiscal en tant que LMP. Il est crucial de vérifier tous les détails avant de t’engager.
Le statut LMP, c’est clairement un outil puissant pour les investisseurs qui font de la location meublée leur activité principale. Bien utilisé, il permet d’optimiser significativement sa fiscalité et de construire un patrimoine immobilier avec une pression fiscale maîtrisée. 🏠
FAQ : les questions fréquentes sur les conditions LMP
Peut-on passer de LMNP à LMP en cours d’année ?
Oui ! Le passage d’un statut à l’autre s’apprécie chaque année, au 31 décembre. Si tu remplis les deux conditions (23 000 € de recettes et 50 % des revenus pro du foyer) à la clôture de l’exercice, tu bascules automatiquement en LMP pour cette année fiscale.
Le LMP protège-t-il mes biens en cas de dettes ?
Non. Contrairement à une société, le LMP exercé en nom propre n’offre pas de protection du patrimoine personnel. Tes biens personnels restent engagés en cas de dettes professionnelles. Pour limiter ce risque, la création d’une structure juridique (SARL, SAS) peut être envisagée.
Quelles obligations comptables pour un LMP ?
Au régime réel, tu dois tenir une comptabilité complète (livre-journal, grand livre, inventaire), établir des comptes annuels et déposer une liasse fiscale. Autant dire qu’un expert-comptable devient rapidement ton meilleur allié !
Est-ce que les meublés de tourisme type Airbnb peuvent être en LMP ?
Tout à fait, les locations de courte durée via des plateformes comme Airbnb ou Abritel peuvent générer des recettes LMP si les seuils sont atteints. Mais attention à la distinction avec la para-hôtellerie si tu fournis des services associés. 👆
FAQ complémentaire sur les conditions LMP
Un LMP peut-il bénéficier du régime micro-foncier pour d’autres revenus locatifs ?
Non, le régime micro-foncier est incompatible avec le statut LMP. Dès que vous êtes LMP, tous vos revenus locatifs (meublés ou non) doivent être déclarés en BIC. Le seuil micro-foncier de 15 000 € ne s’applique plus, même pour des locations nues. Seule exception : les revenus issus de SCI à l’IR, sous conditions strictes.
Quelle est la durée minimale de location pour conserver le statut LMP ?
Aucune durée minimale n’est imposée. Le statut LMP dépend uniquement des seuils de revenus (23 000 € et 50 % des revenus du foyer). Une location saisonnière ou de courte durée peut donc être LMP si ces conditions sont remplies. En revanche, les locations meublées touristiques classées bénéficient de seuils spécifiques (188 700 € pour le micro-BIC).
Peut-on cumuler LMP et activité salariée sans perdre le statut ?
Oui, à condition que les recettes LMP dépassent 50 % des revenus professionnels du foyer. Un salarié à temps plein peut donc être LMP si ses loyers meublés excèdent ses salaires. Attention : les cotisations sociales (SSI) s’appliquent sur l’intégralité des bénéfices LMP, même en cas de cumul. Le plafond annuel de la Sécurité sociale (46 368 €) impacte le calcul.
Quels sont les impacts du LMP sur la transmission du patrimoine ?
Le LMP complique les donations et successions. Les biens loués en LMP sont considérés comme des actifs professionnels, soumis aux droits de mutation (jusqu’à 60 % sans abattement). En revanche, les exonérations de plus-values (jusqu’à 90 000 € de recettes) facilitent la cession. Une holding familiale peut optimiser la transmission, sous réserve de respecter les règles anti-abus.
Un LMP peut-il déduire les frais de notaire lors de l’achat d’un bien ?
Non, les frais de notaire (environ 7 à 8 % pour l’ancien) ne sont pas déductibles immédiatement. Ils s’ajoutent au coût d’acquisition du bien et sont amortissables sur 20 à 30 ans, comme le bien lui-même. Seuls les frais d’agence et les droits d’enregistrement (si applicables) peuvent être déduits l’année de l’achat, sous conditions.